
Aide à la mobilité pour SEP et Parkinson
Exosquelette portable offrant une assistance motorisée à la marche pour réduire la fatigue et soutenir l’autonomie au quotidien.
Le marché des exosquelettes industriels devrait presque tripler d'ici 2033. Voici ce que montrent les premiers résultats réels dans les entrepôts.

Le secteur du transport et de l'entreposage détient, depuis 2022, le taux de blessures graves le plus élevé parmi 19 grands secteurs d'activité aux États-Unis, 3,8 cas pour 100 travailleurs, principalement causés par la surexertion : lever, tirer, pousser et atteindre en hauteur de façon répétée. Ce n'est pas une statistique nouvelle. Ce qui change, c'est ce que les entreprises commencent à faire pour y répondre.
Le marché mondial des exosquelettes, évalué à environ 590 millions de dollars US en 2025, est projeté à 1,79 milliard d'ici 2033, une croissance annuelle de 14,5 %. Et contrairement à il y a cinq ans, cette croissance n'est plus portée uniquement par la santé et la réadaptation : la distribution, l'entreposage et la manutention en constituent désormais un moteur explicite, aux côtés de la construction et du manufacturier.
Le signal le plus intéressant ne vient pas des projections de marché, mais des premiers essais mesurés sur le terrain.
Une étude longitudinale menée par HeroWear sur son exosuit dorsal Apex 2, déployé dans cinq centres de distribution pendant 8 à 23 mois (311 000 heures de travail combinées), a documenté une réduction de 62 % des blessures de type entorses et foulures, le taux annuel de blessures est passé de 10,2 à 3,8 pour 100 travailleurs, ramenant essentiellement ce groupe au niveau du taux moyen le plus bas du secteur plutôt qu'à son sommet.
Parmi les entreprises participantes, Plymouth Inc., un distributeur de protéines de la côte Ouest américaine, a rendu son expérience publique. Son directeur des opérations a résumé l'enjeu ainsi : un employé de nuit y déplace en moyenne 60 000 livres par quart de travail, un volume qui rend la question de la charge physique difficile à ignorer, peu importe la taille de l'entreprise.
Le fabricant suisse Auxivo a mené un exercice similaire avec son exosuit dorsal LiftSuit auprès de trois clients du secteur logistique, en équipant 23 employés d'entrepôt de capteurs EMG et de centrales inertielles pendant des tâches réelles de levage, de tri et de chargement. Les résultats mesurés sur le terrain : 25 % de réduction de l'activité musculaire du bas du dos, 24 % de réduction de la charge en squat statique, 7 % de baisse de la fréquence cardiaque, et un effort perçu réduit de 28 % en moyenne avec 70 % des participants rapportant un soulagement physique net pendant les tâches répétitives. Une étude évaluée par les pairs sur le LiftSuit rapporte des effets biomécaniques dans la même direction lors du levage et de l'inclinaison statique prolongée. Auxivo cite aussi une réduction de 21 % de l'activité musculaire maximale du dos en levage répétitif et de 44 % de la fatigue des muscles de la hanche en port de charge. Chez B. Braun, un fournisseur logistique du secteur de la santé, et chez Carglass, où un opérateur d'entrepôt décrit des douleurs récurrentes au bas du dos avant l'introduction du dispositif, l'entreprise résume l'expérience simplement : « travailler sans, maintenant, semble impossible. »
Un autre cas documenté, celui d'une chaîne d'épicerie multinationale non identifiée publiquement, rapporte une hausse de productivité de 8 % (caisses préparées à l'heure) après l'introduction d'exosuits, avec un retour sur investissement projeté de 13 fois sur cinq ans.
Trois pressions convergent en même temps sur les opérateurs d'entrepôt :
Le coût des blessures ne baisse pas. Avec un taux de blessures graves déjà le plus élevé de tous les grands secteurs, chaque point de pourcentage de réduction se traduit directement en jours de travail préservés et en coûts d'indemnisation évités.
Le roulement de personnel reste un problème structurel. Un poste physiquement exigeant, dans un marché du travail serré, se traduit par un roulement plus élevé — et chaque employé qui part doit être recruté et formé à nouveau.
La technologie elle-même est devenue plus simple. Les exosuits de dernière génération, comme ceux étudiés par HeroWear, sont des dispositifs passifs légers plutôt que des structures robotisées encombrantes — un facteur d'adoption important quand l'outil doit être porté huit heures par jour sans nuire à la mobilité.
Il serait malhonnête de présenter ceci comme un virage déjà complété. DHL elle-même, dans sa propre analyse de tendance publiée sur les exosquelettes en logistique, reconnaît que « les déploiements à grande échelle restent à venir » et que les preuves rigoureuses et indépendantes de l'efficacité économique et sanitaire à long terme sont encore limitées. La plupart des dispositifs actuels sont conçus pour des mouvements spécifiques, ce qui les confine encore à des applications ciblées plutôt qu'à un équipement universel de tous les postes.
Autrement dit : l'adoption est réelle, les premiers résultats sont encourageants, mais on est au stade des essais pilotes bien documentés, pas encore à celui de la norme de l'industrie.
Pour une entreprise qui évalue l'ergonomie de ses opérations, le bon moment pour s'y intéresser n'est pas après que la technologie soit devenue la norme, c'est justement pendant cette phase où les premiers adoptants documentent déjà des résultats concrets et où les fournisseurs affinent leurs produits en fonction de l'usage réel. Les postes les plus exposés, levage et manutention répétée qui sollicitent le bas du dos et les hanches, ou préparation de commandes avec bras levés qui sollicite plutôt les épaules, correspondent chacun à un type d'exosuit différent, et c'est précisément là que le bon choix de dispositif fait la différence avant que la charge répétée ne se traduise en réclamation, en arrêt de travail ou en départ d'un employé expérimenté.
La question n'est plus vraiment « est-ce que ça fonctionne? », les premières données répondent déjà en bonne partie à ça. La vraie question, pour la plupart des entrepôts, est de savoir à quel poste commencer.

Exosquelette portable offrant une assistance motorisée à la marche pour réduire la fatigue et soutenir l’autonomie au quotidien.

Réduisez la fatigue et les TMS en milieu minier avec le LiftSuit, un exosquelette lombaire léger qui diminue jusqu’à 33 % l’effort du dos.